Entre Trump et Greta Thunberg, Davos à l’épreuve du défi climatique

Walaa Al-Assrah Mercredi 22 Janvier 2020-14:14:39 Actualités Internationales
Davos à l’épreuve du défi climatique
Davos à l’épreuve du défi climatique

L’élite économique mondiale s’attèle à l’urgence climatique: le 50e Forum de Davos s’est ouvert hier mardi avec le président américain Donald Trump et la militante écologiste Greta Thunberg, aux visions diamétralement opposées sur les défis environnementaux, rapporte l’AFP. Dans le cadre enneigé de la station de ski des Grisons (Suisse), le réchauffement climatique domine cette année le Forum économique mondial (WEF).

Donald Trump, aux convictions climato-sceptiques revendiquées, a ouvert le bal. Il a fait son allocution quelques heures avant l’ouverture à Washington de son procès en destitution.

Il y a deux ans, l’imprévisible président américain avait été plutôt bien accueilli par les grands patrons rassemblés en Suisse, qui avaient retenu ses largesses fiscales plutôt que ses diatribes contre le libre-échange.

Donald Trump doit avoir à Davos des entretiens avec la présidente de la Commission européenne, ainsi qu’avec le président irakien, ce peu après l’assassinat en Irak d’un général iranien par les forces américaines.

Croisera-t-il aussi Greta Thunberg? Invitée à Davos pour la deuxième année consécutive, la militante suédoise de 17 ans s’est exprimée peu avant le président américain lors d’une table ronde, et a ouvert dans l’après-midi une session au titre sans équivoque: “Comment éviter l’apocalypse climatique”.

L’occasion de sommer une nouvelle fois le monde des affaires d’agir face aux défis climatiques, et de trouver un auditoire peut-être plus réceptif.

Selon une enquête du WEF, quelque 750 responsables politiques et économiques classent les crises environnementales (météo extrême, perte de biodiversité...) en tête des risques mondiaux jugés les plus probables. Et cette perception commence à avoir des conséquences sonnantes et trébuchantes: le gestionnaire d’actifs BlackRock, monstre financier pilotant 7.000 milliards de dollars, a annoncé la semaine dernière vouloir devenir un leader des investissements durables.

L’annonce pourrait faire des émules, à l’heure où se précise l’évaluation des coûts du changement climatique. Selon un rapport dévoilé lundi par le WEF et le cabinet PwC, plus de la moitié de l’économie mondiale dépend de la nature et des écosystèmes.

Pour Chris Williamson, économiste de IHS Markit, “il y a clairement un changement d’atmosphère: certains avaient peut-être sous-estimé la rapidité de cette évolution et Davos accélérera peut-être cette pression” sur les milieux d’affaires.

 

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